Jeu : Racket City

Le prototype dont je vais vous parler aujourd'hui est un vieux projet poussiéreux (il a trois ans d'âge, réécrit un an après sa première version). N'ayant pas peur de me répéter : je n'écris des jeux que pour m'amuser à trouver des mécanismes correspondant à un thème, lorsque l'envie me prend de réfléchir à ce dernier. Une fois ce jeu de construction achevé, je suis content, un peu comme un amateur de puzzle se satisfait d'avoir résolu l'énigme : il encadre son puzzle terminé puis n'y pense plus. J'ai donc fini "Racket City", avant de le ranger dans un tiroir. Bien sûr, des parties amèneraient forcément des équilibrages de règles à opérer. Mais j'ai tellement, chez moi, de jeux finis de bons auteurs, que lorsque des amis viennent, on joue à ceux-là, sans même que j'aie envie de proposer les miens.

Ici, le thème qui me donnait envie était celui de la mafia ; d'autres jeux existent sur ce thème, certes, et  je le savais. Cela ne m'a pas empêché d'essayer : m'ont amusées les idées qui me sont venues, alors je les ai mises sur papier.

Une de ces idées est que les joueurs (incarnant des truands rackettant une ville) programment simultanément leurs actions, en choisissant combien de points d'actions ils vont dépenser (moins on en prend, plus on parait décontracté, ce qui fait gagner des points de réputation), puis en déterminant à l'avance sur quelle case leur truand ira et quel méfait (menace de boutique, prise de contrôle -selon conditions-, incendie...) il y fera. Puis on révèle les programmations et on résout les méfaits ou les éventuels conflits si deux truands de gangs différents sont à portée de tir l'un de l'autre.

Une autre idée, s'activant lorsque les joueurs sont assez nombreux et en  nombre pair, est qu'ils jouent à la fois en équipe de deux et chacun pour soi ; c'est-à-dire que le joueur vainqueur sera celui qui a marqué le plus de points d'objectifs parmi le gang ayant le plus de points de réputation. Donc : si un autre joueur a beaucoup plus de points d'objectifs, mais que son équipier a plombé la réputation de son gang, eh bien... il perd.


Encore une : les voitures de police sont déplacées par le gang qui a la moins bonne réputation, afin de mettre en prison leurs adversaires ; l'idée est ici d'aider les joueurs en retard au score, pour niveler.

Voici le plateau, représentant la ville de Racket-City :


Plusieurs bâtiments sont disponibles : les QG des gangs, des boutiques à racketter (associé à un type de boutique), deux banques à braquer, une prison d'où s'échapper, la caserne des pompiers (que l'on déplacera pour éteindre les incendies) et un hôpital où iront les truands blessés lors des combats.

Ce qui m'a le plus amusé dans ce projet est surtout de mélanger mes deux passions : l'écriture de personnages et de scénarios, et celle de jeux ; avec un soupçon de jeux de rôles, passe-temps chronophage de mes études. Dans une version avancée des règles, les truands ont carrément des personnalités, des amis et des ennemis. Je propose plusieurs scénarios, et il y a aussi une variante pour débutant (au tour par tour et sans gestion des incendies, de la police ni des pompiers), et une gestion de handicap, pour avoir à table un mélange de débutants et de joueurs confirmés.

Le jeu prend fin lorsque des renforts de police arrivent en ville ; un pion compte-tour commence sur la case "A" et la partie cesse lorsqu'il atteint "Z", descendant d'une case par tour. Ces lettres de A à Z servent également à numéroter les cases de la ville, pour la phase de programmation.

Je finis cet article en copiant-collant le passage des règles le plus amusant, celui qui décrit les personnalités des truands proposés :
Max Latax : « Moi, d'la vie, j'dis qu'y'a qu'une chose de vrai : se bourrer la gueule, un bon bowling avec mon pote John et un bon clebs qui sait arracher les jambes d'ceux que j'blaire pas, du genre d'la blondasse, là, Sal' rat ! D'après elle, les clebs, c'est pour la caresse... Tu parles d'un kiff ! »
Ami : John YSS – Haï : Sarah FAL

Sarah FAL : « Avec mon Johnny d'amour, c'qu'on aime bien, c'est bichonner mon Kiki (p'is moi celui de mon homme, hihihi). Kiki, c'est mon caniche. Il est trop mignon. La vie serait trop glam, si seulement il n'y avait pas Max. Mon bébé, il ne veut pas qu'il sache qu'on sort ensemble ; un jour, je tuerai Max. »
Ami : John YSS – Haï : Max LATAX

John YSS : « Ma nana ? Une bombe atomique, mais stupide ; c'est trop la honte, sérieux... Alors dites à personne que j'l'allonge. Surtout à mon frère de sang, Max, vu qu'il peut pas la saquer. Et si vous l'dites à cette charogne de Brislai, qui m'a piqué mon ex, là j'vous tue. Direct. C'est clair ? »
Ami : Max LATAX – Haï : Paul BRISLAI 

 Emmy TRAYETTE : « Combien j'ai eu de mecs ? En même temps ou en tout ? En fait, j'en sais rien... C'est que je les collectionne, alors, dur de répondre. En ce moment, mon officiel, c'est Paul. Avant c'était John, mais il a su, pour Paul, à cause de cette peste de Sandy. Un mauvais coup, Paul ; si je reste, c'est pour les diams ; sinon... Hein, Sarah ? Vi, je sais, elle est avec John. Si je lui en veux ? Naan, c'est presque une sœur ; sans malaise, peut s'le taper. »
Ami : Sarah FAL – Haï : Sandy  ARRET


Paul BRISLAI : « Une charogne ? Moi ? Écoutes pas ce cocu, c'est un perdant-né qu'aura jamais d'meuf rien qu'à lui. Emmy, moi, j'la lâcherai pas, moi. J'la couvre de cailloux, moi, des qui brillent, pas comme ce taré qui la secouait juste le samedi et point barre. Moi, le premier qui la regarde de travers, j'le tue. P'is si ma Emmy meurt, c'est décidé, j'me suicide. J'l'ai trop dans la peau, alors c'est sûr: y'a pas d'vie après elle. C'pour ça que j'me fais tous ces cancers : c'est le stress, sûr... Comment ça, j'suis hypocondriaque ? Tu veux goûter mon poing ? »

Ami : Emmy TRAYETTE – Haï : John YSS 

Sandy  ARRET : « Non, c'est pas à John, que j'ai dit ça. C'est à Paul. C'est qu'il n'était pas au courant, lui non plus, comme quoi la Trayette s'ouvrait deux braguettes. Je voulais que Paul la quitte, pour moi, vu que je l'aime comme une folle. Mais John était pas loin, et il a entendu. Résultat, il la plaque, et mon Paul, il est resté avec la traînée. Je pense que je vais lui faire un troisième œil »

Ami : Paul BRISLAY – Haï : Emmy TRAYETTE 

Big ARRET : « Wé, j'ai cinquante piges. Mais si tu m'traites d'ancêtre, t'es mort. Sandy ? C'est ma gamine. Ma chair. J'l'ai eu avec Jessica. Celle-là, depuis qu'on a divorcé, j'la verrai bien macchabée »

Ami : Sandy ARRET – Haï : Jessica LIBRE

Jessica LIBRE : « Des amis ? Pas besoin. J'suis indépendante, moi, t'as pas lu mon blaze ? Les amis, c'est juste bon à vous faire chialer quand ça meurt. Par contre, ceux que je peux pas sentir, y'en a de quoi te saturer les naseaux. Et tant qu'on y est, tu peux passer un message ? Dis au tocard, Big, d'arrêter de me chercher. Ou bien c'est moi qui le trouve, et il n'aimera pas. »

Ami : Aucun – Haï : Big ARRET 


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