Miaw 7 - L'antre de la Bête


7
L'antre de la Bête

La porte s’ouvre. Un hurlement horrible en sort :

- #W¤F# ! #WÔW¤F# !
- *MIII*ÂÂÂ*WWW* s’écrie Minette.
- Sluman… Laaa Minette… laa… owibijour, twa… osaikilaikon-tan, tyfou ! Obâââwiii…
- Sava Coralie ? 
- Sava… slupa !
- Â ! vlal’châ ! Sava Coralie? 
- Savasava, pa… savabyain… aivou ? 
- #W¤F#, #w¤f# ! ... #WÔW¤F# !

Minette, pendant que les humains s'embrassent, elle, ne voit qu'une chose : une énorme Bête pleine de poils. Gigantesque. Baveuse. Poilue. L’odeur, qu'elle a dans le museau, la voilà..., l'odeur qu'elle n'aime pas, elle vient de là, elle vient du Poil… de cette énorme Bête pleine de poils... Celle-ci saute autour de sa cage, et n’a qu’un mot à la gueule : Wof ! Minette proteste. Elle ne veut rien avoir à faire avec cette énorme Bête pleine de poils et bruyante à l'odeur si forte et désagréable. Elle le précise clairement à Coralie. En insistant. Plusieurs fois. Pourtant, celle-ci ouvre la grille. L’énorme Bête poilue entre aussitôt son énorme tête dans la boite.

- *SSSSSSSSSSSHHHH* ! crache Minette, en reculant, pour signaler à la Bête qu’elle pourrait lui faire mal si elle le voulait - enfin, peut-être...
- Janty tyfou ! dit un vieil humain en tirant la Bête en arrière.
- Olaa kalm Minette ! dit Coralie. Pfff… sakomanse… jleusantai keusalaipa haitrefasil… 
- Neu-tain-kyai-te-paaa… dit une vieille humaine à Coralie. Toutyraaabyain… 

La Bête est emportée par le vieil humain, hors de vue de Minette. Mais celle-ci n’est pas rassurée. Elle décide de rester un peu dans la cage. Ce n’est pas si mal, finalement. Elle s’allonge au fond.

- Minette ? Tuvyain ? Mhonch’âââ ? dit Coralie.
- Layse… fokelsabitu… halor ! Savataisur ?
- Wiwiman ! Sava… jvaiparaistai lontan… jais’pair keusasepasra byain…
- Maiwimaiwi… hunkafai ?
- Hmmm… widakor, man… 

Minette écoutait et regardait Coralie et l’autre humaine parler. Selon toute vraisemblance, Coralie entretenait de bons rapports avec la vieille humaine. Minette se dit par conséquent qu’on devait pouvoir lui faire confiance. D’autant qu’elle avait des gestes lents, et Minette aimait les gestes lents : on devine facilement où vont les mains quand elles y vont lentement.

Coralie et l’autre humaine (une certaine "Man", semble-t-il) sortent de l’entrée et entrent dans une pièce. Minette ne les voit plus. Cela l’inquiète. Elle regarde rapidement dans la direction où la Bête a disparu tout à l’heure. Elle n'est plus là. Alors, Minette prend son courage à quatre pattes et décide de sortir. Lentement, ventre à terre, attentive au moindre mouvement suspect du côté du couloir de la Bête. Puis elle entre dans la pièce et retrouve Coralie et Man. C'est un salon, comme chez elle, mais plus grand ; il y a un canapé, deux demi-canapés, un meuble avec une boite à lumières dessus, une grande table, beaucoup de chaises, deux bibliothèques, une autre table, mais plus petite et plus basse, devant le canapé, enfin un meuble à tiroirs. Coralie est assise dans le canapé et Man en face, dans un des demi-canapés. L’autre humain entre. Minette, encore dans l’embrasure de la porte, sursaute et se précipite sous la table, puis sous le meuble à images. Les humains se mettent à rire. Minette ne comprend pas ce qu’ils ont à faire ces bruits bizarres. 

- Saihune frousharde tonch’â ! dit le vieil humain.
- Wi… répond Coralie en riant. Hayn Minette ?

Minette, reconnaissant son nom, se tourne vers Coralie, se demandant ce qu'elle lui veut. Mais elle se trouve incapable de le deviner. Tant pis...

- Jhaihenfairmai tyfou halaitaj… fait le vieil humain.
- Thukrwa kylfo laisaiparai ? dit Coralie.
- Honvaira byain… 

Minette décide de se toiletter, pendant que les humains discutent. De toute manière, ce qu’ils disent est incompréhensible. La route, dans la cage, a été salissante. Avec tous ces humains, tout cet air sale… Elle est en sécurité sous le meuble de la boite à lumières. Elle voudrait bien visiter plus avant ce nouveau lieu, mais… il y a la Bête… non, décidément, Minette préfère rester là pour l’instant. Et puis, une toilette s’impose. Ces émotions l'ont salie de sueurs, qui collent, qui sentent ; non, vraiment, il faut laver tout ça. Alors, elle se nettoie le ventre. Consciencieusement. En surveillant de temps en temps les humains, bien sûr. C’est assez d’une blague par jour ! Qu’on ne lui parle plus de cette caisse. Puis elle passe au flanc, puis aux pattes… Elle décide ensuite de faire une sieste. Pour se remettre de ses émotions.

Elle se roule en boule, sous le meuble. Pose la tête sur les pattes. Bâille. Repose la tête sur les pattes. Et somnole.

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