Nawak agah (1-1-1-1) - La saga du Nawak

Gaëtan de l'Eauquipique, au moment où nous écrivons ces lignes, est un enfant de 6 ans (presque 7). Il a commencé à écrire dès l'âge de deux mois, sur internet, dans un blog retraçant sa vie quotidienne et proposant des photos et des vidéos de lui, en train de prendre un biberon, de jouer sur un tapis d'éveil ou avec ses cousins et cousines. Ce blog était destiné à la famille et aux proches de ses parents, pour les tenir au courant de ses exploits de bébé supra-doué. On y apprend par exemple qu'il a dit son premier mot à seulement deux jours ! Vers son troisième demi-anniversaire, il a débuté une oeuvre de fiction, émouvante d'innocence et de poésie. Remercions ici son père, expert internationalement reconnu en langue bébé, qui a magnifiquement traduit ce récit, et sans lequel nous n'aurions, sans doute, jamais pu le découvrir.

"Nawak agah" ("La saga du Nawak") est une métaphore enfantine du monde des adultes, tel que vu par un bébé incroyablement mature pour son age. Mais laissons place sans plus attendre à "Ar'heu, ah hé, ah hu" ("Mon doudou, sa vie, son combat"), le premier volume de la saga du Nawak.

L'éditeur.



Première partie du premier volume de la première saga du Nawak
1
Mon Doudou au pays Outoutaidou


Il était une fois mon Doudou. Il vivait dans un pays merveilleux, fait d'amour, de bisous et de gros câlins. C'était le pays Outoutaidou. C'était un monde verdoyant où le ciel était toujours bleu et jamais gris ; ça non, surtout pas gris. Il y avait une petite plaine où seules deux collines, les collines Sans Nom, ondulaient le paysage. C'était la plaine de Mamaman. Et il y avait aussi une grande montagne, où les promenades étaient agréables, sous la fraîcheur que donnaient les arbres blonds la recouvrant. C'était le Mont Pah'pa.

Mon Doudou vivait dans le village de Mamaison, dans la région de Monimeuble, et avait beaucoup de gentils voisins, comme Monours, Monlapin et Monlion. Son village était si petit qu'il n'y avait que deux grandes rues : l'avenue du Petit Couloir, qui donnait sur les quartiers de Salledeau, de Chambrinterdite et de Machambre, et le boulevard du Grand Couloir, perpendiculaire à l'avenue du Petit Couloir et débouchant sur les quartiers de Porteblindée, celui de Granplakar, celui de Salapopo, celui de Nyvapa et celui de Lakon-manj.

Mamaison était un village sans histoires; ou plutôt, sans vilaines histoires. Car des histoires, il y en avait beaucoup. Des histoires en images, certaines fixes et d'autres qui bougent, et enfin d'autres simplement en lettres; c'était souvent les plus difficiles à comprendre, car leur langage était parfois trop élitiste(*). Ces dernières étaient surtout d'origine diconienne. Les diconiens vivaient dans le lotissement de la Biblotekenbois dans l'avenue du Petit Couloir. C'était une communauté regroupant trois peuples, celui des Cyclopes d'Eddy (peuple qui tirait son nom de l'empereur Eddy, leur chef), celui des Grodico et celui des Petidico. Un diconien était quelqu'un d'orgueilleux, un brin prétentieux, qui affirmait avoir réponse à tout... des gens que mon Doudou évitait, non pas parce qu'ils étaient méchants, car il n'y avait pas de méchants au pays Outoutaidou, mais parce qu'ils étaient compliqués et qu'on avait vite mal au crâne quand on leur parlait. En réalité, mon Doudou préférait de loin la compagnie des Bédés. Les Bédés était un peuple amusant qui avait toujours le mot pour plaisanter, et qui vivaient dans un gratte-plafond bleu du boulevard du Grand Couloir, en face de Salapopo. Leurs histoires à eux étaient toutes en images, de toutes les couleurs, et vraiment plus agréables que celles des diconiens. Dans ce même gratte-plafond cohabitait deux autres peuples, celui des Livramamans et celui des Livrapapas. Ces deux peuples étaient en paix depuis de nombreuses années, mais leur histoire commune était longue et compliquée. Ils étaient à la fois amis et d'anciens ennemis, à la fois proches géographiquement et lointains culturellement... Ensuite, dans l'immense zone commerciale qu'était le quartier de Lakon-manj, il y avait deux autres peuples chargés d'histoires: les Livromans et les Diskafilms. Les Livromans étaient peut-être les Outoutaidiens, de tous, le plus riche en histoires et aux histoires les plus longues; ses héros, car ils étaient bien héroïques, avaient survécu à des milliers de dangers très redoutables. Quant aux Diskafilms, c'était le plus beau de tous les peuples. Quand ils racontaient leurs histoires, ils déployaient des images éclatantes et qui bougeaient si vite que monDoudou avait souvent du mal à tout suivre... Enfin, il y avait le peuple des Livramois et celui des Joujoux, qui vivaient tous deux dans le quartier de Machambre. Les Livramois avaient des histoires simples, faciles à comprendre pour mon Doudou, avec beaucoup d'images et un tout petit peu de textes. Mais les Joujoux étaient, à bien y réfléchir, les plus riches de tous en histoires, car leurs histoires, contrairement à toutes les autres de tous les autres peuples, changeaient tous les jours...

Bref, tout allait bien au pays Outoutaidou. Du moins... jusqu'à ce que ne vienne Doudou Pas Gentil. C'était un Doudou au regard cruel et à la peau pas douce. Doudou Pas Gentil était très méchant, comme seuls sont méchants les méchants des histoires où il y a des méchants. L'arrivée de DoudouPas Gentil fut toute une histoire. Une histoire incroyable... Mais tout cela, on le verra la prochaine fois. Pour l'instant, il faut dormir. 


*Ndt : Ici, ahr'arheu, remis dans le contexte, peut aussi bien signifier "ennuyeux" que "intelligent" ou bien encore "bourgeois" ou "qu'on ne comprend pas vraiment". Le langage bébé est plein d’ambiguïté. Aussi, pour traduire ce passage, il a été opté pour l'utilisation d'un mot tentant de regrouper l'ensemble des significations de ahr'arheu, à savoir "élitiste". Le traducteur s'excuse auprès de l'auteur si la traduction n'exprime pas pleinement ce qui devait l'être.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

- Choisissez votre compte (ou "Anonyme"),
- Ecrivez le message,
- Cliquer sur "Publier"
- Renseignez les deux codes anti-robot qui apparaissent alors, séparés d'un espace (si vous n'êtes pas un robot, sinon, la porte est à droite).
- Cliquer (oui, encore) sur "Publier"